Après un séjour à Pau chez le Papy avec Dwaine, me voici reparti vers les PO (les Pyrénées-Orientales pour les locaux) pour la première étape d’un nouveau challenge : les points extrêmes de la France. Objectif le point le plus au sud de la France continentale, c’est-à-dire la France métropolitaine sans la Corse ni les autres îles. Ce point le plus méridional se trouve exactement à ces coordonnées :
42° 19’ 58’’ N, 2° 31’ 58’’ E.
Il est tout proche du Puig de Coma Negra, sur la frontière franco-espagnole. J’ai prévu une randonnée qui va me faire faire une boucle d’environ 6h30, d’après le topo.
Après avoir passé la nuit dans mon camp de base à Saint-Laurent-de-Cerdans, je vais en voiture dans le petit village de Lamanère où se trouve le départ de la rando. Il y a là sur le parking un panneau qui marque le départ de la randonnée, mais dans le sens contraire de ce que j’ai prévu, d’après mon appli Visorando. C’est une randonnée signalée difficile… mais bon je me dis qu’ils en rajoutent. Je verrai que non. Bon en tout cas il fait un temps magnifique.
Je démarre tranquillement par une petite route que je quitte rapidement pour m’engager sur un sentier qui suis le GRT83. Ça monte doucement, avec des portions plates, et ça remonte plus fort jusqu’au Coll de Malrens (1131 m) qui est à la frontière avec l’Espagne. Il y a d’ailleurs une clôture et un grosse borne frontière, comme on en trouve tout au long des Pyrénées. Je croise un couple de catalans et leur enfant. Je suis parti depuis 2 heures. À partir de là je quitte le GR pour suivre la frontière sur la crête, en marchant tantôt en France, tantôt en Espagne. Le sentier est maintenant balisé par des marques jaunes. Je croise encore 3 randonneuses, je ne verrai plus personne après.
La pente s’accentue, mais heureusement parfois c’est plus plat. Après encore 2 heures de marche j’atteins le modeste Cim de Bordellat (1394 m), qui n’est même pas matérialisé mais tout de même indiqué sur la carte IGN. Le sommet est dans la forêt, l’IGN pourrait placer une petite borne…
Bon je repars, en descendant, et j’aperçois mon prochain objectif, le Coma Negra. C’est en même temps loin et tout proche, si vous voyez ce que je veux dire… Et après un moment la pente s’accentue franchement, je commence à fatiguer, il fait chaud, je m’arrête souvent pour souffler, je me traîne littéralement, je porte le poids de mes années. Et mon poids… Et comme souvent en montagne, c’est quand on croît être au sommet que l’on s’aperçoit qu’il faut encore faire un effort !
Mais l’effort finit par payer ! Après un dernier coup de cul sur une crête je rejoins le petit pylone au sommet du Puig de Coma Negra (1557 m). Les espagnols ont placé ce pylone et fixé une plaque indiquant l’altitude. Rien côté français. Ah si un petit abri où je trouve un cahier et un stylo pour écrire mes impressions. Si vous voulez savoir ce que j’ai écrit je vous invite à y aller…
Ça fait 5h30 que je suis parti. Après une bonne pause de 20 mn au sommet pour me reposer et admirer la vue, je continue le sentier-frontière qui m’amène après quelques 400 m à ce fameux point le plus au Sud de France continentale, qui était quand même l’objectif principal ! L’altitude doit être environ 1500 m.
À partir de là ça ne fait plus que descendre, c’est plus facile quoique parfois ça descend raide, je reste vigilant. À un moment je quitte la ligne frontière pour redescendre vers le village. Sur la fin c’est interminable, je suis crevé, je multiplie les pauses, et je finis enfin par déboucher sur le parking du départ. J’ai crapahuté 9 heures, pauses comprises, pour une distance de 16,9 km et un dénivelé de 840 m.
Je n’ai plus qu’à rentrer à ma piaule à Saint-Laurent pour prendre une bonne douche et me taper une super pizza au resto du coin.


























