Course 250 – SAINTÉLYON – Saint-Étienne (42) – Lyon (69) – 08/12/2013

Distance officielle : 75 km
Distance réelle : 75,900 km
Chrono : 13:34:51
Vitesse : 5,588 km/h
Classement scratch : 4774 / 5092
Classement catégorie V2H : 649 / 714
Parcours : trail
Dénivelé : 1788 m D+
60e édition (1re participation)

En 2012 j’avais couru le trail des Templiers (71 km), cette année mon grand défi sera la SaintéLyon (75 km), la doyenne des courses nature en France, une épreuve mythique qui fête sa 60e édition. C’est en grande partie du trail mais il y a des portions de route, sur 25 % du parcours. Il y aura 5 ravitaillements.
L’ami Thierry est aussi de la partie, nous partons ensemble en train jusqu’à Lyon où nous récupérons nos dossards au Palais des Sports, près du stade de Gerland, le stade de l’Olympique Lyonnais. C’est là que sera l’arrivée. Enfin si tout va bien… ! Nous prenons ensuite la navette qui nous amène au Parc Expo de Saint-Étienne. Nous allons poireauter là quelques heures… Vers 19h nous allons manger à la pasta party. Une énorme cantine, un repas qui ne me laisse pas un souvenir inoubliable, on aurait mieux fait de manger dans un resto… Après c’est la sieste en attendant le départ à minuit. Enfin moi je dors pas vraiment… Je retrouve également des potes de mon club de l’ES Sucy, Bruno qui avait aussi couru le trail du Ventoux, ainsi que Pascal et Nathalie, qui vont courir en relais à 2.
Étant supporter des Verts de Saint-Étienne, je m’étais dit que j’aurais pu aller voir le match qui se jouait à domicile ce soir-là, contre Évian Thonon Gaillard, mais finalement en raison d’un terrain impraticable le match est annulé pour cause de gel ! C’est pour dire comment ça caille !
Heureusement il ne pleut pas, il ne neige pas non plus, mais les conditions vont être difficiles, avec le vent et le froid, et le verglas… J’ai prévu les Yaktrax dans mon sac, ces petits crampons antidérapants pour chaussures. On verra par la suite que j’ai bien fait de les prendre.
Un peu avant minuit nous nous retrouvons vers la ligne de départ en compagnie de près de 6000 autres guerriers. Et pan c’est parti ! 7 kilomètres de route tout d’abord pour quitter l’agglomération et nous nous engageons sur les chemins enneigés, où très rapidement je vais chausser mes Yaktrax. C’est maintenant une alternance de montées et descentes. On passe le Col de la Gachet. Quand je me retourne je vois le long serpent de lumière, dû aux frontales des concurrents.
Au 17e km j’arrive au premier ravito, à Saint-Christo-en-Jarez. Quand je rentre dans la grande tente je suis tout de suite saisi par la bonne chaleur qui en émane, mais il y a beaucoup trop de monde, et on a du mal à accéder aux tables. Je préfère ne pas trainer là et repars tout de suite dans la nuit et le froid. À ce moment au classement je suis 5640e.
On est sur les hauteurs des Monts du Forez, le vent souffle, il doit faire -10°, et la température ressentie je vous en parle pas ! On attaque par la Font du Loup, puis la Croix de Bicoury, la montée caillouteuse jusqu’au Crêt Reynaud, et le Haut de Moreau, point culminant de l’épreuve à 870 m. Sur le bord du chemin je vois une fille assise, avec la couverture de survie qui l’enveloppe, elle est au téléphone. Un peu plus loin un véhicule 4×4 arrive à contre-sens, je pense qu’il va à la rencontre de la fille qui a dû appeler le n° de secours de l’orga. La descente de Plein-Pot arrive, mais j’y vais mollo… Que ce soit sur les chemins ou les routes le verglas est omniprésent, je vois beaucoup de chutes, des coureurs qui n’ont pas les Yaktrax et qui avancent comme sur des œufs. Alors que ceux qui en sont munis peuvent courir en toute confiance sur la glace.
Au 30e km c’est le ravito de Sainte-Catherine, d’où je ressors à la 5519e place.
C’est ensuite un secteur très accidenté. Un passage est vraiment compliqué, il y a un gros embouteillage dû à un chemin très boueux, de véritables mares de boue. Comme beaucoup d’autres coureurs, je contourne l’obstacle en passant dans le champs à côté. La montée dans le Bois d’Arfeuille est très éprouvant, et on redescend vers le 3e ravito, à Saint-Genou, au 42e km. Autant vous dire qu’à Saint-Genou j’en ai plein les bottes… ! Je repars du ravito en 5147e position.
La bonne nouvelle c’est que maintenant on est plutôt à majorité en parcours descendant, avec quand même quelques côtes. On traverse plusieurs bois, entrecoupés de quelques portions sur route. Le jour commence à se lever, je suis sur une hauteur et je vois la ville de Lyon qui scintille au loin. Je n’ai pas fait de photo mais cette image est restée en moi… J’ai encore une trentaine de kilomètres à faire, mais avec le soleil qui est apparu, ça rebooste et remonte le moral.
Par une petite route descendante je rejoins Soucieu-en-Jarrest au 55e km, 4e ravito. Je suis 5065e au classement. À partir de là le terrain devient moins hostile, il y a plus de route. Je déchausse les Yaktrax. Nous traversons le cours d’eau du Garon par la passerelle du Chabran, puis nous allons courir dans le parc du Boulard à Chaponost.
Je remarque, et ce depuis le début de la course, que l’on voit souvent par terre des emballages de gels, barres énergétiques ou autres ! Je suis quand même sidéré que des trailers jettent leurs ordures dans la nature ! Qu’est ce que ça coûte de mettre ça dans sa poche ou dans son sac ? En plus c’est dans la charte que l’on signe à l’inscription…
J’arrive enfin au 5e et dernier ravito à Beaunant, 68e km, pour une dernière pause. Je suis à ce moment 4795e. J’ai passé toutes les barrières horaires et gagné des places au classement à chaque fois ! Je repars confiant, je vais la finir cette SaintéLyon ! Dès qu’on repart on attaque la dernière difficulté, la redoutable côte de l’aqueduc, qui longe les ruines d’un ancien aqueduc romain. Cette côte est très longue, peut-être 2 bornes, et très raide, jusqu’à 18% sur plusieurs centaines de mètres. Je la grimpe en marchant péniblement, puis on redescend par de longs escaliers vers le Rhône, que l’on longe sur les quais et que l’on traverse pour arriver dans le Parc de Gerland. Encore un petit effort, je trottine tranquillement et c’est l’arrivée triomphale dans le Palais des Sports surchauffé !
Je retrouve Thierry qui a fini en 12h55. J’apprendrai plus tard que Bruno est arrivé en 11h39. Après une bonne douche dans les vestiaires de Gerland et une pause dans un bar, nous reprenons le train pour Paris.
La SaintéLyon, c’est une course qui m’a marqué, par son parcours et ses conditions très exigeantes, le froid, le vent, la nuit, les chemins enneigés, le verglas… Une épreuve que tout ultra-trailer doit cocher dans son carnet de courses !

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