Avant de partir en Corse à la fin du mois pour boucler mes SDF en métropole, il me reste à faire, sur l’hexagone, le sommet des Bouches-du-Rhône qui se trouve sur le massif provençal de la Sainte-Baume, le Pic de Bertagne.
Je prends le train jusqu’à Marseille. Je suis à peine sorti de la gare que j’entends une femme crier, des agents de sécurité courir, des policiers en train de contrôler des individus ou de les emmener menottés… Je me dis que je suis bien arrivé à Marseille !
Après avoir récupéré ma voiture de location, je me dirige vers le petit village de Plan-d’Aups-Sainte-Baume, au pied du massif de la Sainte-Baume, où j’ai réservé un logement pour deux nuits. Du balcon je vois d’ailleurs le massif ainsi que l’antenne qui se trouve au sommet. Le soir je vais manger au restaurant du coin, une très bonne adresse !
Le lendemain c’est parti pour ma virée sur la Sainte-Baume. Il fait un temps magnifique quoiqu’un peu frais, il y a du mistral. Je pars du village à pied, je suis une petite route goudronnée sur 600 m, et je m’engage sur un sentier en sous-bois qui monte progressivement, en longeant le massif. Puis au bout de 2,5 km je vire sur la gauche et le sentier pars face à la pente et deviens très raide, demandant parfois de mettre les mains pour franchir des rochers. Arrivé en haut sur la crête je retrouve la route qui mène à une station radar de l’aviation civile. L’enceinte de la station est fermée bien sûr, je prends le sentier à droite pour la contourner et j’arrive sur la crête.
Le mistral est si fort que ma casquette s’envole, et je n’ai pas eu le temps de voir où elle a atterri, dans une zone de rochers et d’arbres. Après avoir vaguement cherché sans la trouver, je décide de rejoindre le sommet même du Pic qui se trouve derrière la station. Pour cela il me faut longer le grillage derrière la station radar, au bord de la falaise à-pic. Il n’y a que 2 ou 3 mètres de large mais ça suffit en restant près du grillage, ou même en s’y agrippant par sécurité. J’arrive au point qui me paraît le plus haut, il y a d’ailleurs au sol le sigle de l’IGN encastré dans le rocher. Je suis bien au sommet du Pic de Bertagne (1042 m).
Je viens ainsi de boucler les Sommets des Départements Français de l’Hexagone ! En effet la France hexagonale désigne la partie continentale de la France métropolitaine (hors Corse).
Je repars le long du grillage, et comme le mistral souffle très fort je fourre mes lunettes de soleil dans la poche de la veste. Arrivé aux rochers je me mets à chercher ma casquette dans tous les sens, je vais à travers la végétation et les rochers plusieurs fois, dans les deux sens. Bref je laisse tomber, je me dis une casquette c’est pas grave j’en ai d’autres, je rejoins la route et mets la main dans ma poche pour remettre mes lunettes de soleil… Et là je m’aperçois que j’ai perdu maintenant mes lunettes ! Je n’avais pas fermé le zip de la poche ! Quel con je suis ! Et ces lunettes j’y tiens. Me revoilà parti à les rechercher. Je refais encore plusieurs fois mon parcours et je retrouve… ma casquette ! Au bout d’un moment je retourne une dernière fois le long du grillage au bord de la falaise et je finis par retrouver ces fameuses lunettes… ! Je suis bien content, mais j’ai bien perdu 1 heure dans cette mésaventure. J’en retiens une leçon : quand on mets un objet dans sa poche on referme le zip !!!
Bon maintenant je vais m’attaquer à la deuxième partie de ma rando. Le massif de la Sainte-Baume s’étend entre les départements des Bouches-du-Rhône et du Var. Si le point culminant des Bouches-du-Rhône est bien le Pic de Bertagne, les points culminants du massif sont le Jouc de l’Aigle et le Signal des Béguines, tous les deux à 1148 m, côté Var. D’ailleurs le sommet du Var est la montagne de Lachens (1712 m) que j’avais déjà gravi en 2019.
Bon je vais quand même aller faire ces deux sommets que je vois plus loin, histoire de les rajouter à ma collection. J’ai l’impression qu’ils ne sont pas si loin que ça… En fait ça va me prendre beaucoup plus de temps que prévu. Au début c’est la route qui rejoint une autre station radar, puis un sentier difficile dans les rochers qui m’amène 3 heures après à la chapelle du Saint-Pilon où je retrouve beaucoup de randonneurs qui sont montés par un sentier qui passe par la grotte Sainte-Marie Madeleine et le col du Saint-Pilon. Je fais une petite pause à la chapelle et repars vers ce Jouc de l’Aigle, que j’ai en vue depuis des heures. J’atteins le cairn qui marque son sommet, mais en fait je suis au Faux Jouc de l’Aigle (1118 m). Je vois la croix sommitale du Jouc de l’Aigle sur le sommet suivant. J’y vais, en croyant prendre le bon sentier je m’engage dans une escalade de rocher, j’arrive sur la crête et arrive à la croix, et constate qu’un sentier m’y aurait amené plus facilement. Bon là je suis bien au sommet du Jouc de l’Aigle (1148 m). Et maintenant direction le sommet suivant que je vois un peu plus loin. Je redescend le sentier côté nord mais après un petit moment je m’aperçois que je suis en train de redescendre vers la vallée, il fallait descendre côté sud. Comme je n’ai pas envie de rebrousser chemin je sors du sentier et m’engage de nouveau dans une escalade pour passer de l’autre côté de la crête. Je rejoins le bon sentier et finis par arriver au sommet du Signal des Béguines (1148 m) en même temps qu’un autre randonneur. Il me prends en photo à côté du gros cairn sommital. Ça fait 8 heures que je suis parti ce matin. Je suis cramé, j’en peux plus.
Il me reste à redescendre du massif, heureusement que ce randonneur local m’indique où passer, au Pas de l’Aï, sans lui je n’aurai pas trouvé ce passage mal indiqué, surtout que mon appli Visorando se met à bugger et je sais plus trop où je suis… Quand j’arrive en bas vers la route, il m’a attendu et me propose gentiment de me ramener à Plan-d’Aups-Sainte-Baume. Merci monsieur ! Arrivé au village je lui propose un bière mais il doit repartir.
Bilan de la journée : 21,1 km (un semi-marathon), 9h40 tout compris, pauses et escalades, recherches de casquettes et lunettes… Après une bière (sans alcool !) et une bonne douche je retourne manger dans ce restaurant où je me régale toujours autant.
Le lendemain retour à Marseille puis train pour Paris. Je commence déjà à me projeter vers ma prochaine destination en compagnie de l’ami Ricardo, la Corse, l’île de beauté…














































